Voir Grenade et sourire

Azymuthe à l’eau, presque réarmé et prêt au départ.

Franchement, Grenade, c’est une super île. C’est sans aucun doute l’endroit de l’archipel (avec Carriacou qui en dépend) où nous avons croisé le plus de gentillesse, de sourires et où le contact avec les auchtones est vraiment aisé et facile. A plusieurs reprises , j’ai entendu des plaisanciers expliquer qu’à cause de l’invasion US dans les années 80, l’île avait pris beaucoup de retard dans son développement touristique et que par conséquent les Grenadiens essayaient de compenser par leur gentillesse pour attirer et garder les touristes. Si cette raison a probablement un fond de vérité, l’invasion américaine, c’était il y a plus de 30 ans. J’en déduis que la gentillesse et la sympathie des Grenadiens tient à autre chose.

C’est la deuxième fois que je laissais le bateau à Grenade pour l’été et si j’avais su qu’on se prenne le cyclone Maria en Guadeloupe, je l’y aurais laissé en 2017 également. Pour autant qu’on respecte sérieusement les formalités de clearance, l’accès à l’île est assez facile et les mouillages du sud de l’île très protégés. Le seul problème, ce sont les liaisons aériennes pour rentrer en Europe. Grenade est une île anglophone non desservie par les compagnie françaises. A moins de prendre British Airways qui nous fait arriver à Londres, il faut rejoindre l’une ou l’autre île française et entre les escales et les attentes, les vol de et vers l’Europe qui durent en général 8 heures se transforment en une aventure de plus de 30 heures avec escale à La Barbade, et Fort-de -France. Au retour, obligation de dormir une nuit en Martinique avant de rejoindre La Barbade et enfin Grenade. Avec à chaque fois, bien évidemment, des contrôles de sécurité, contrôles très zélés à La Barbade, tourisme américain oblige. C’est d’ailleurs à cause de tous ces changements que nous avions pris le risque de laisser le bateau en Guadeloupe durant l’été 2017. Très mauvaise idée, mais on est toujours plus malin a posteriori. En 2018, échaudés par notre expérience guadeloupéenne de l’année précédente, nous sommes naturellement retournés à Grenade. Nous retrouvons donc Azymuthe en pleine forme en octobre 2018 et nous profitons de visiter un peu l’île, vu que, pour une fois, nous n’avons pas grand chose à faire sur le bateau. Un coup de nettoyage, remettre les voiles, un bon contrôle général et nous voilà prêts au départ.

La fleur du bananier. C’est à partir de cette fleur que naissent les bananes.

A Carriacou, au début de l’année, nous avions découvert le chocolat de Grenade. De 72% à 100% de cacao, un régal. C’est le chocolat de la “Grenada Chocolate Company“. Comme il est possible de la visiter, on s’organise depuis la marina pour affréter un taxi pour la journée. Notre chauffeur nous propose d’aller également faire une visite dans une fabrique de confitures et autres produits épicés, que du local, que du bio, que de l’artisanal. Ce n’était pas ce qu’on avait prévu initialement, mais oui, pourquoi pas, volontiers. Et nous voilà en train de nous offrir une visite guidée du parc/jardin de “Madame Grenade” en compagnie d’une dame à l’âge certain qui connait toutes les plantes, tous les arbres et nous donne une véritable leçon de botanique locale. Le parc contient quasi tout ce que l’île offre en matière de plantes et arbres. Une bonne heure passée en dehors du temps à flâner, déguster, humer et apprendre.

le fruit de la muscade. La noix de nos cuisines est à l’intérieur du magnifique noyau.

De retour à la fabrique, on prend encore un moment pour déguster les produits proposés à la vente et nous repartons avec de quoi ouvrir une épicerie fine de produits grenadiens. Tout vient du jardin, tout est bio, tout est fait à la main. A l’ancienne, serait tenté de dire l’Européen moyen. Sauf que là-bas, presque tout est fait à la main. Rien d’ancien, en fait. On découvre ainsi que la noix de muscade est en fait la graine d’un fruit enfermée dans un noyau, noyau lui-même enveloppé d’une pulpe à partir de laquelle est confectionnée de la confiture ou de la gelée. Délicieux ! On découvre également la marmelade de pamplemousse. A mon goût nettement plus fine que la marmelade d’orange également produite sur place. Gelée et confiture de goyave, de fruits de la passion, sauces épicées ou encore rhum arrangés, il y en a pour tous les goûts.

Ci-après, quelques images de la flore et des fruits qu’on trouve à Grenade. Cliquer sur les images pour les agrandir et les faire défiler.

La visite et la dégustation ayant duré, il ne nous reste plus que le temps d’aller visiter la fabrique de chocolat qui est évidemment à l’autre bout de l’île, au nord. Comme enfant, je me souviens d’avoir visité la fabrique de chocolat Suchard à Neuchâtel. Je m’attendais donc à trouver quelque chose de similaire. Je n’ai pas été déçu. La fabrique est toute petite. Elle emploie deux ou trois employés qui à nouveau font presque tout à la main. Les fèves de cacao viennent exclusivement de l’île, et comme les paysans n’ont pas les moyens d’obtenir la certification bio, c’est la fabrique qui prend en charge ces frais de certification. Tout le processus de fabrication est artisanal, tout juste certaines machines ont-elles été électrifiées.

😋
C’est au rez-de-chaussée uniquement qu’est produite la totalité de ce chocolat. 100% artisanal.

Lorsque nous avons goûté ce chocolat la première fois (en 100% cacao), nous l’avons trouvé si bon que nous avons acheté l’éventail complet pour déguster toute la gamme. En particulier une version 82% cacao au sel de mer. En France, on dirait “au sel de Guérande”. Nous avons été surpris de constater que d’une plaque à l’autre, ce chocolat n’avait pas tout à fait le même goût. C’est en visitant la fabrique qu’on a compris pourquoi. Le préposé à la confection des plaques, rajoute simplement un peu de sel à la pâte de cacao au moyen d’un moulin à sel manuel. La quantité de sel dépend donc de l’humeur du gars ou de son niveau de motivation.

Et là aussi, nous avons passé un bon moment à refaire une dégustation et surtout dévalisé la boutique. On vante le chocolat suisse ou belge (faut que reconnaitre que nos amis d’Outre-Quiévrain ont un savoir faire qui fait de l’ombre aux Helvètes), mais franchement, le chocolat grenadien est encore meilleur. Et en plus, le chocolat noir est bon pour la santé. On l’a découvert en visitant le musée du chocolat à St-Georges.

Vous ne le saviez peu-être pas, mais le chocolat noir est un médicament.
Sur Azymuthe, on s’est beaucoup soigné l’an dernier.

Un mot encore sur la marina de Grenada Marine où nous avions laissé Azymuthe pour la saison cyclonique. On a trouvé l’endroit parfait, plutôt très bien organisé et avec une palette de services nautiques presque complète. Un petit shipchandler permet de trouver les choses de base et tout peut être commandé et arrive en général assez rapidement. Linda, la secrétaire et responsable administrative de la marina est une perle rare dont la disponibilité et les compétences n’ont pas d’égal dans les autres endroits où nous avons dû travailler sur le bateau. Et les tarifs de Grenada Marine sont bien plus attractifs que ceux de Tyrell Bay Marina à Carriacou. A Grenada Marine, il y a l’eau courante, l’électricité, des sanitaires fonctionnels et même une laverie. Ça peut sembler normal, mais c’est tout ce qu’il n’y avait pas à Tyrell Bay. Et le wifi fonctionne bien pour les Antilles. S’il n’y pas de logement sur place, un bar-restaurant très accueillant fait face à la baie. On y mange très bien et pas cher. Attention, leurs planteurs sont re-dou-ta-bles ! Les proportions sont inverses à ce qu’on a bu ailleurs. 2/3 rhum à 59° et 1/3 jus de fruit frais. Après deux ou trois tournées, retourner au bateau en annexe est un véritable défi. Nos connaissances Philippe et Patricia en savent quelque chose. De notre côté, le bateau étant encore à terre nous n’avions qu’une échelle à gravir, mais qu’est-ce qu’elle semblait haute…

Et quelques images en vrac, cliquez pour les agrandir et les faire défiler


4 Comments

  1. Bertschi-Bovay Sophie

    Merci de nous faire partager vos découvertes et vos aventures. J’adore!
    La seule chose que je changerai, c’est la police d’écriture sous vos photos, elle me donne la nausée…
    Voilà voilà, au plaisir de vous revoir en vrai, je vous embrasse bien fort.

    • Je suis bien d’accord, Sophie ! D’ailleurs je viens de modifier et trouver une autre solution plus sympa. 😉

  2. Laurent

    Bonsoir
    Je pense laisser mon voilier 4 mois à Grenada au sec en juin 2020. Avez vous une idée des coûts. Merci
    Jacques

    • Olivier

      Bonjour,
      C’est difficile à dire, cela dépend de la marina, du type de bateau (longueur est largeur) et du type de service que vous souhaitez, notamment en terme de gardiennage ou de surveillance. De plus, suite aux cyclones Irma et Maria, Grenade est redevenu une destination très prisée des plaisanciers, entrainant évidemment des augmentations sensibles des coûts d’estivage à terre.

      Le plus simple est d’aller sur les sites web respectifs des marinas et de demander des devis. J’en ai testé deux qui sont top : Clarkes Court Marina/Yard et Grenada Marine. Attention à vous y prendre suffisamment tôt, ces destinations étant souvent complètes un an à l’avance…
      Cordialement, Olivier

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