Résurrection du blog

Quiétude à Petit Tabac

Quiétude à Petit Tabac

Je vous avais laissé à mi-2016, à Pointe-à-Pitre sur diverses émotions liées à la Route du Rhum et au mémorial de l’esclavage, puis cet espace de partage est tombé en sommeil, ce qui ne veut pas dire qu’il ne s’est rien passé pendant presque deux ans, ni que l’aventure s’est arrêtée, bien au contraire. En quelques billets plus ou moins étoffés, je vais tenter de vous résumer les deux dernières années de nos pérégrinations antillaises. Par thèmes généraux, donc pas forcément dans l’ordre chronologique. Avec le recul de deux ans écoulés, ce sera peut-être surtout l’occasion de quelques réflexions personnelles sur ma vie de globe-trotteur, sa magie et ses contraintes, entre mythes et réalité quotidienne.

Véro et la gastronomie, une histoire d’amour

A toute princesse, toute délicatesse, j’aimerais glisser quelques mots pour rendre hommage à celle qui est entrée dans ma vie et contribue avec profondeur et enthousiasme à l’aventure nautique débutée en 2015. La plupart d’entre-vous le savent déjà, je ne suis plus seul sur Azymuthe, ma compagne Véronique m’ayant rejoint à plein temps après un « essai » de sept mois où elle voulait voir si le milieu marin et le rythme du grand voyage lui convenait. Accessoirement, prendre la mesure de la compatibilité au quotidien avec votre serviteur et lycée de Versailles.

Soyons honnêtes, la vie à deux sur un bateau de quatorze mètres, c’est formidable, ça donne un sens particulier à l’aventure et crée une belle résonance dans le partage, et ça demande aussi de solides prédispositions à la concession de part et d’autre. Ce qui ne va pas sans provoquer quelques vocalises que peuvent composer deux caractères forts quand ils sont agacés, fatigués et de surcroit d’un avis ou d’envies différents. Parce que c’est une chose de vivre en couple à terre en ayant une dizaine d’heures de séparation quotidienne pour raisons professionnelles, et une autre de vivre en permanence ensemble dans un espace à peine plus vaste qu’une cabine téléphonique occupée par Daniel Brélaz avant son régime.

 

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Véro et la sieste, une histoire d’amour (bis)

A cela, rajoutons encore le fait que Véronique venait de passer ses quinze dernières années en couple, partageant le même lieu de vie que sa moitié, alors que ma dernière expérience de vie commune remontait à 1992. Pour les plus jeunes, c’était l’époque où Jean-Pascal Delamuraz régnait sur le Conseil Fédéral, où la mère de Justin Bieber prenait encore la pilule et où Macron n’était  pas encore tombé amoureux de sa prof de français. Ô vertige du temps qui passe. En tous les cas, la vie à deux sur un voilier est une magnifique expérience de partage et d’aventure qui se poursuit joyeusement la plupart du temps.

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Si son expérience de la navigation est encore en rodage, sa présence, au-delà de l’aspect émotionnel et relationnel (sur lequel je ne m’étendrais pas, tant cela appartient à notre intimité), m’est extrêmement précieuse. Quel soulagement pour moi de pouvoir compter sur elle pour pallier à ma déficience auditive, que ce soit à la VHF, lors des discussions dans les marinas ou jouer les parfaites téléphonistes quand c’est nécessaire. Elle est en quelque sorte ma caution de sociabilité au gré de nos rencontres et auprès de nos amis. Elle a établi une dynamique à bord au niveau logistique, avitaillement, rangements et organisation. C’est également un vrai bonheur d’avoir quelqu’un qui s’occupe d’organiser les aller-retour que nous faisons régulièrement entre l’archipel et l’Europe et qui pense presque toujours à tout ce que j’oublie.

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Aux Saintes

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Bronzette photo aux Tobago Cayes

Sa présence fait aussi que je n’ai jamais aussi bien mangé à bord, je me demande d’ailleurs souvent comment elle fait pour nous cuisiner de si bons petits plats avec si peu de moyens et de choix à disposition. Elle possède également le don de nous dénicher les bons plans resto où qu’on soit ou de dégoter un traiteur local derrière la porte de ce qui ressemble plutôt à un atelier de modiste.

Depuis deux mois que nous sommes à Carriacou, impossible de trouver de la simple eau minérale pétillante ou des anisés dont sont friands nos amis français. Au super-marché du coin, à part cinquante sortes de bacon US bien dégueulasse, des kilomètres de trucs surgelés bourrés de conservateurs ou des légumes labellisés OGM Monsanto, vas trouver un steak ou même un bout de jambon ou de la volaille qui ne soit pas des nuggets panés à la sciure de bois.

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Eh bien Véro part une demi-journée à Hillsborough et elle revient avec du jambon fumé, de la dinde, des vrais légumes, du persil, une bouteille de Ricard, deux quilles de merlot chilien et du Perrier, plus de la baguette et un jambon cru entier ! Une magicienne, je vous dis. Au final, ça me laisse bien plus d’énergie pour assumer mes fonctions de skipper et me soulage d’un grand poids. Merci ma Véro, t’es la meilleure !


5 Comments

  1. Stéphane

    Rien à dire d’autres que … ❤️❤️❤️
    Et joie de te lire l’ami!

  2. Sophie

    Bon je je dis qu’une perle comme ça tu ne vas pas en retrouver une autre, je serai toi, Je l’épouserai 😉

  3. Vous vous êtes rencontrés, ceci n est pas un hasard, alors profitez à fond de cette vie qui vous est donnée et vous avez bien raison de parcourir les eaux et à deux c est une merveille. Bizous et que le meilleur soit avec vous

  4. Joël Preiss

    Le grand bonheur en somme! Je suis heureux pour vous et je vous embrasse de tout mon coeur

  5. fabienne

    Mais quelle belle nouvelle la résurrection de ce blog.. et quel plaisir de te lire..)
    C’ est un cadeau cette vie de découvertes et de voyages
    Plein de bonheur à vous 2 , profitez à fond et Big bisous!
    Les Fab

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