

Carthagène (Espagne et non pas Colombie) est une ville chargée d’histoire, il semblerait que des traces de sédentarisation montrent une occupation de la zone dès le VIème siècle avant J-C. Les phéniciens puis les romains en font une colonie commerciale prospère et également un endroit stratégique militaire avant qu’elle ne passe sous contrôle byzantin puis revienne dans le giron chrétien au début du XIIIème siècle. Après avoir vécu des ressources minières de la région, Carthagène est aujourd’hui une ville qui vit de son histoire et donc du tourisme, mais également de son activité militaire (3ème base navale d’Espagne) et du raffinement du pétrole. Un terminal pétrolier accueille d’ailleurs le visiteur qui arrive par la mer.


Nous nous somme promenés dans la ville qui est magnifique, où d’imposants édifices administratifs témoignent de son passé opulent. Le port est vraiment le centre névralgique de la cité, entre tourisme, commerce, chantier naval et base militaire de sous-marins. On y trouve également une université polytechnique dont le majestueux bâtiment donne directement sur le port. La présence de cette université est directement liée à l’activité de construction navale civile et militaire.


Un peu à l’écart, nous découvrons le théâtre romain de Carthagène, témoin restauré de la présence romaine. Il y a également un colisée, mais il est en piteux état et sera probablement aussi restauré. La balade sur les remparts de la ville donne un joli point de vue sur le port et ses aménagements. On y trouve notamment le palais des congrès et un musée de l’archéologie sous-marine que nous avons visité dimanche. Très didactique, il retrace la présence humaine à Carthagène depuis l’époque phénicienne.

Même à cette saison, le tourisme marche bien, nous avons assisté à l’arrivée de deux imposants bâtiments de croisière qui sont restés à quai 24 heures, le temps pour leurs 2500 passagers d’aller à terre et de visiter. Nous avons pu constater que ça ne rigole pas au niveau sécurité. Le quai est tout simplement interdit d’accès lorsque un bateau y est amarré. Non Monsieur, pour les photos vous restez de l’autre côté de la barrière, merci !
Au niveau de l’accueil en ville, c’est moins sympa et spontané qu’à Barcelone. Un peu comme est reçu un Genevois ou un Vaudois quand il va skier à Montana à Noël. De fait, on sent bien que le tourisme n’est pas encore totalement intégré dans les moeurs de l’endroit. Mais on sent une volonté de développer cette activité tant sont importants les efforts de rénovation et d’entretien du coeur historique de la ville qui, par endroits, est un véritable chantier.


Sur une colline dominant la vieille ville, il y a un château qui date de la conquête byzantine. Il a été restauré au début des années 2000 est n’est pas très intéressant à visiter. Son véritable intérêt réside dans le fait qu’il donne un point de vue unique sur la ville. Au Sud, on trouve à son pied tout le coeur historique de la ville et au Nord toute la cité moderne qui constitue les 4/5ème de la ville. De ce côté, on observe deux collines verdoyantes qui semblent être comme deux poumons émergeant au milieu des immeubles locatifs. A l’Est, se trouve le colisée et les magnifiques bâtiments restaurés de l’époque romaine.

C’est également de ce point de vue qu’on voit bien comment le port est organisé. A l’Est, toute la partie commerciale avec les cargos et les piles de containers, au centre le port de plaisance et le quai d’accueil des grosses unités de croisière, et enfin à l’Ouest, toute la partie chantier naval et la base militaire. C’est étonnant, parce que ces trois zones, bien que contiguës, ne se mélangent pas. Lorsqu’on est au port de plaisance sur une terrasse, on ne sent pas les deux autres zones pourtant toutes proches. C’est finalement assez harmonieux, bien plus que l’impression qu’on a quand on y arrive par la mer.

Sinon, nous avons profité de nous reposer un peu, de faire le plein d’eau et de contrôler deux ou trois petites choses sur le bateau. Hier, lundi, il a fait mauvais temps, pluie et vents violents, aujourd’hui, c’est le retour du beau et de la chaleur mais c’est toujours très venté. Ca devrait tomber cette nuit, nous partirons demain mercredi vers notre prochain gros objectif : le détroit de Gibraltar.