Une dernière escapade au Salagou

Version 2

Le lac du Salagou

Créé artificiellement afin d’offrir un réservoir d’eau régional en vue de diversifier les cultures, le lac du Salagou sert également à réguler les crues de l’Hérault, rivière qui donne son nom au département. Une autre particularité de l’endroit est la ruffe, roche rouge très friable en surface qui donne à l’endroit un aspect très particulier. De plus, diverses variétés de cactus donnent vraiment l’impression d’un monde à part.

Les collines du Salagou avec sa roche touche et les maisons typiques de l'endroit.

Les collines du Salagou avec sa roche rouge et les maisons typiques de l’endroit.

Mon ami Stéphane a la chance d’y vivre, les photos accompagnant ce billet sont d’ailleurs prises depuis le jardin devant et derrière la maison où il habite. Toute la région est protégée, il y est impossible de construire quoi que ce soit, seuls les bâtiments existants peuvent être achetés, vendus ou rénovés dans des limites très contraignantes. Cela permet de conserver à la région située tout autour du lac une unité et un cachet très agréable visuellement. Seules quelques dérogations ont été accordées par le département afin de créer des zones d’activités sportives, surtout des bases nautiques.

Les cactées, la ruffe et la rare végétation autour du lac.

Les cactées, la ruffe et la végétation autour du lac.

Autre particularité, le lac est strictement interdit à la navigation à moteur. Seuls les pêcheurs ont le droit d’utiliser des barques motorisées à l’électricité. Aucun moteur thermique n’est autorisé. Comme la circulation des caravanes et bus de camping est également interdite autour du lac, cet endroit est d’un calme presque irréel, en particulier le soir et la nuit. Si vous êtes dans la région de Montpellier, ça vaut la peine d’aller y faire un tour, le lac est facilement accessible depuis maints endroits. Le barrage vaut aussi le coup d’oeil, même s’il n’est évidemment pas aussi impressionnant que nos barrages suisses.

Lumière rasante de fin de journée sur le Salagou

Lumière rasante de fin de journée sur le Salagou

Cette escapade était aussi et surtout l’occasion pour moi d’aller passer deux jours et demi avec mon vieil ami Stéphane qui habite la région depuis 25 ans. Deux jours qui m’auront permis de faire tranquillement le bilan de la préparation et de rediscuter une dernière fois de mes motivations et envie liées à cette aventure qui va effectivement démarrer dans quelques jours. Prendre le temps de l’introspection, de la discussion tout en profitant d’un paysage magique dans la douce lumière de l’automne s’installant gentiment dans le Sud.

Stéphane et votre serviteur dans la douceur d'une lumière de fin de journée.

Stéphane et votre serviteur dans la douceur d’une lumière de fin de journée.

Vue sous son aspect théorique, l’aventure que je m’apprête à partager avec mon ami et coéquipier Pascal est simple à énoncer ; partir sur un bon voilier de voyage et tenter une traversée de l’Atlantique en passant par l’Espagne, les Baléares, Gibraltar, les Canaries et le Cap Vert. Dans la pratique, outre l’aspect toujours un peu aléatoire de la navigation et de ses contraintes, notamment la météo et l’organisation de la veille à bord pendant la nuit, la gestion du sommeil et la bonne marche du bateau, une telle aventure implique bon nombre de questionnement, surtout l’éloignement de plusieurs mois de ma famille, de mes proches et de mon environnement social et géographique.

On ne part pas pour un tel voyage comme on part en vacances en voiture, en train ou en avion, dépaysement de quelques semaines en général. Il y a tout l’aspect administratif à régler en vue d’une absence de presque une année, mais surtout, les craintes de ceux qui restent à terre à apaiser. La plupart des gens qui n’ont jamais navigué, ou alors un peu et dans des conditions généralement agréables, ont une vision à la fois romantique et craintive de la navigation au long cours.

La plaisance, ce n'est pas automatiquement ça....

La plaisance, ce n’est pas automatiquement ça….

Ils voient les images du voilier au mouillage dans des criques à l’eau turquoise avec une plage de sable blanc en arrière-plan, les cocotiers et le ciel bleu-roi. D’un autre côté, ils gardent en tête les images de tempêtes dantesques avec des vagues de 10 mètres déferlant sur les gros bateaux de commerce ou les reportages sur les cyclones ravageant les Antilles et la mer des Caraïbes.

.... mais pas forcément ça non plus ! (© Bernard Stamm)

…. mais pas forcément ça non plus ! (© Bernard Stamm)

Difficile de faire comprendre aux profanes que la navigation est plus dangereuse le long des côtes qu’au milieu d’un océan, que les contraintes d’un plaisancier n’ont rien à voir avec celles des professionnels de la navigation commerciale, lesquels ont des impératifs de délais à respecter, les obligeant à prendre la mer quelles que soient les conditions. Que la sécurité à bord passe avant tout par une bonne observation des conditions météo et que nous pouvons sans problème rester pendant le temps qu’il faut à un endroit abrité en attendant les conditions les plus favorables pour lever l’ancre ou larguer les amarres. Difficile de faire admettre au conducteur qui prend sa voiture tous les jours pour aller au travail, faire les courses ou chercher les enfants à l’école, qu’il prend en fait bien plus de risques pour sa santé ou sa vie que nous qui allons traverser l’Atlantique. La voiture est devenue un prolongement naturel de l’individu alors que le bateau reste un moyen de transport inhabituel et donc souvent coloré par un imaginaire excessivement rêveur ou angoissant.

Ici, les préparatifs se terminent en pente douce, nous pensons partir la semaine prochaine. A bientôt.


3 Comments

  1. J’aime bien aussi la terre ferme et là c’est splendide..

  2. On part déjà avec vous dans l’aventure, pieds au sec mais coeur battant…Ta plume légendaire nous captive dès le départ…çà promet! PLein de couleurs et des becs sucrés!

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